Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 20:15

La citoyenne Jeanne d’Arc

 

Le mythe de Jeanne d'Arc prend de l'amplitude au moment de la Révolution Française, particulièrement de 1789 à 1794. Son image est comme celui du Christ : un reflet de la bonne citoyenne mais aussi un symbole de la tyrannie monarchique qu’il faut refonder.

Dès le début de la Révolution, l’image de Jeanne d’Arc n’est pas celle d’une citoyenne, mais d’un symbole uniquement royaliste. Les patriotes s’en prennent alors à une statue du XVIe et un tympan portant ses armes du XVe siècle à Donrémy.

Ainsi dès le 21 juin 1791, alors que Louis XVI tente de gagner l’étranger, un projet est présenté au Conseil municipal de Paris qui prévoit de rendre hommage à " l'héroïne française connue sous le nom de Pucelle d'Orléans " à l'occasion du deuxième anniversaire de la prise de la Bastille[1]. Toutefois, son image utilisée comme symbole par la Monarchie n’est pas plus le bienvenu : les révolutionnaires vont détruire son casque, relique de la Sainte, à Orléans, matérialisme de la symbolique royale et non pas le personnage. Ainsi, en août 1792, on propose au conseil municipal d'Orléans de fondre le monument "royaliste" pour en faire des canons. Le conseil s'oppose d'abord à cette proposition en faisant valoir que "le monument de la Pucelle" n'est en rien un symbole de féodalisme et "une offense au peuple français". Au contraire, il est présenté comme un "témoignage glorieux". L'administration départementale passe outre et ordonne la fonte de la statue. Le conseil municipal obtempère mais décide que "pour conserver la mémoire de la Pucelle, un des canons porterait le nom de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans".

Un épisode analogue se produit à Rouen, ville où Jeanne a été suppliciée. En 1793, la fontaine du marché, décorée de son portrait de 1756, est sauvée de la destruction grâce au conseil municipal dont certains membres font valoir qu'après tout elle était une enfant du Tiers-Etat. Toutefois, la "fête de la Pucelle", perpétuée depuis 1432, est supprimée à Orléans en 1793 car ces fêtes ont une connotation fortement royaliste[2].

Toutefois, l’aura de personnage capable de changer le cours des choses se répand et redonne une nouvelle dimension patriotique à Jeanne d’Arc. Elle est évoquée dans des pièces de théâtres dès 1790 et dans des chansons patriotiques à partir de 1792. Elle personnifie la Liberté avec une bannière tricolore et un bonnet phrygien.



[1] Cette proposition n'est pas retenue.

[2] Entre 1790 et 1793, la fête de la Pucelle est liée à la fête de la Fédération.

Par SEHRI-1789-1815 - Publié dans : Histoire sociale et politique
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