Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 14:03

par Jérôme Croyet

 docteur en histoire, président-fondateur de la SEHRI

archiviste-adjoint aux AD de l'Ain, collaborateur à la revue Soldats Napoléoniens

et au magazine Napoléon 1er

 

 

 

Aubry de la Bouchardière Claude Charles, né le lundi 25 octobre 1773 à Bourg-en-Bresse. Son père, Nicolas, est inspecteur général des Ponts et Chaussées. La famille quitte Bourg en 1787 pour la maison forte de Loyat, où elle demeure durant la Révolution. Aubry quitte la demeure familiale en 1792 pour entrer le 1er mars à l’école d'artillerie de Châlons-sur-Marne. Le 1er septembre 1792, il en sort de l’école avec le grade de lieutenant-en-second au 3e régiment d'artillerie à pied. Il est domicilié à Orléans, où, le 3 décembre 1792, il se porte garant de Labaume-Montrevel, afin que ce dernier reçoive un certificat de résidence. Il sert à l’armée de la Moselle au 6e régiment d’artillerie à cheval puis à l’armée du Nord. Se distingue à l’affaire d’Arlon le 18 avril 1794. Il est sous le commandement de Bonaparte à l’armée de l’Intérieur à la fin de 1795. Passé sous le commandement de Moreau à l’armée du Rhin, il démissionne pourtant le 1er avril 1797. Un an plus tard, il est mis à la disposition du ministère de la Marine. Il participe aux honneurs rendus à Joubert, au Muséum des Antiques, le 19 fructidor an VII, à Paris. Apprenant sa nomination comme Directeur de l'arsenal de Port-au-Prince à Saint-Domingue, il demande néanmoins, en attendant son départ, à être employé de manière plus conforme à son goût pour l’activité, à l’armée du Rhin ou à l’armée de Réserve à Dijon. Chef de bataillon au 7e régiment d’artillerie en 1800. Détaché auprès de cette dernière, il signe un des faits les plus marquants de sa carrière militaire. Chargé par Bonaparte du transport de l'artillerie au passage du Grand Saint-Bernard, il conçoit de faire tirer les fûts de canons dans des arbres évidés. En décembre 1800, il commande l'artillerie de l'avant-garde de l'Armée d'Italie au passage du Mincio. Il rejoint Saint-Domingue, il reçoit une blessure par balle en 1803 à la prise de Port-de-Paix. Nommé major au 7e régiment d’artillerie. De retour en France, Aubry sert comme chef d’état-major de l'artillerie au camp de Boulogne. Chevalier de la Légion d‘honneur le 5 décembre 1803. Colonel du 8e régiment d’artillerie le 11 décembre 1803. Officier de la légion d’honneur le 14 juin 1804. Il n’oublie néanmoins pas ses attaches burgiennes, puisque le 22 juillet 1808, il charge Jean-Baptiste Héritier de le représenter auprès du maire de Bourg afin de fixer son domicile à Bourg et d’y exercer ses droits politiques. En 1809, il se fait remarquer lors de l’effroyable à la bataille d'Essling où il est encore blessé et fait construire le pont de l’île de Lobau. Le maréchal Masséna dit de lui : “ Aubry était doué d’une grande activité et d’une force de volonté capable de surmonter tous les obstacles ”[1]. C'est la même année qu'il est fait Baron d'Empire avec une rente de 4 000 livres sur des biens à Hanovre. Nommé général de brigade le 14 avril 1810. Homme de caractère, Aubry l'est sans conteste et trop peut être : “ le général Aubry ayant un fort mauvais ton et étant assez grossier nous faisait souvent des plaisanteries qui s’en ressentaient ”[2]. En effet, en 1811, il est retiré de son service en Italie par une commission militaire qui le place à la tête de l’école d'artillerie d'Alexandrie afin d'apprendre à mettre plus d'ordre dans son service. En poste à l’école il a un violent différent avec un de ses collègues, le général Despinois, qui pousse à la composition d'un conseil de Guerre. Ce litige parvient jusqu’aux oreilles de l'Empereur qui par sagesse ne se prononce pas. Membre du collège électoral du département de l’Ain en 1812. Le 10 février 1812, Aubry est fait commandant de la Légion d’honneur. Camarade du vicomte de Briche : « Le général Aubry était mon ami »[3]. Commandeur de la Légion d’honneur le 18 juin 1812. Il commence la campagne de Russie à la tête de l'artillerie du second corps d'Armée sous Oudinot. Blessé le 21 novembre 1812. Lors de la retraite de Russie, il fait mettre sur pied un des trois ponts sur la Bérézina à partir de bateaux de pêcheurs et de solives provenant de maisons démolies. Le pont, battit à Studienka, trois fois brisé par les glaces, est trois fois rétabli sous le feu ennemi. De retour en France en 1813, il se ré-équipe pour la campagne de 1813 comme commandant de l'artillerie du corps de Mac Donald. Le 7 mars 1813, il est à Magdebourg où il retrouve ses amis Derivaux, Verrier, Norguet et Griosi avec qui il mène une joyeuse vie. Le 28 septembre 1813, il est fait Comte d'Empire. Le 18 octobre 1813, lors de la bataille de Leipzig, Aubry est blessé à la cuisse. Son cheval est tué, sa selle prise par l’ennemi et lui fait prisonnier. Quelques temps après, sa voiture est prise et laisse aux mains de l’ennemi “ une voiture, deux harnais pour l’attelage de deux chevaux, trois licols, trois brides, trois selles de maîtres, trois housses, un habit de petit uniforme, un habit de grand uniforme, six pantalons, vingt quatre chemises, vingt quatre mouchoirs, vingt quatre cravates, six gilets, six paires de bottes ”[4]. Sa blessure, lui fait subir une amputation de la jambe gauche à l’hôpital de Militaire de Leipzig où il décède le 6 novembre 1813. Il est enterré à Leipzig et laisse une famille désargentée mais au nom rempli de gloire : « le sang et les services de feu le lieutenant général Aubry, tué sous mes ordres à la bataille de Leipsik, est une titre de recommandation »[5] écrit Mac Donald en 1822. Son fils, soutenu par de Briche et Mac Donald, fait une demande au ministre de la guerre pour entrer élève intendant militaire, le 11 mai 1822. Son nom figure sur le coté Est de l'Arc de Triomphe à Paris. Une caserne à Bourg porte son nom.

 

 

 http://societe-d-emulation-de-l-ain.over-blog.com/photo-144802-general-aubry_jpg.html

 

 



[1] MASSENA, tome 6, page 225, cité par PIGEARD : Les étoiles de Napoléon, édition Quatuor, 1996.

[2] BARTHELEMY, page 309, cité par PIGEARD : Les étoiles de Napoléon, édition Quatuor, 1996.

[3] Note manuscrite du vicomte de Briche sur une demande de placement du fils du général, 11 mai 1822. A.D. Ain série R.

[4] Dossier Aubry, S.H.A.T.

[5] A.D. Ain série R.

Par SEHRI-1789-1815 - Publié dans : Généalogie & histoire
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