Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 10:09

Le décret du 12 juin 1792 prévoit la formation, à Paris, de 2 compagnies de hussards, composées de jeunes gens qui financent leur uniforme et leur équipement. Cet escadron prend le nom de hussards de la mort, en réponse à la menace que fait planer sur Paris le duc de Brunswick. Les premiers hussards s'organisent dès le 28 juillet. Ils sont cantonnés à l'école militaire. Les chevaux proviennent de la Garde Constitutionnelle dissoute en mai. L'effectif théorique de l'escadron est de 110 hommes. De fait, après les combats, l'escadron des hussards de la mort comportera que 70 hommes dans la 1ère compagnie et 61 dans la seconde.

Le décret du 28 juillet 1792 réglemente l'uniforme des hussards de la mort et impose leur signe de reconnaissance : deux os croisés surmontés d'une tête de mort, sans doute empruntés au 5e régiment de hussards de l'armée prussienne. La pelisse et la sabretache sont toutes deux ornées du terrifiant symbole. D'après certains auteurs, la patelette de la sabretache pouvait être de drap rouge galonné de blanc. Quelques-uns ajoutèrent une devise du style "Vivre libre ou mourir". Les hussards portent sur leur dolman, une pelisse noire bordée de fourrure de même couleur dotée d'une doublure blanche et de cordons mêlés noir et blanc. Tous les galonages sont noirs et blancs, les boutons en étain. Le décret portant description de l'uniforme, spécifie que le dolman et la pelisse auront cinq rangées de boutons alors que les régiments réguliers de hussards n'ont que trois rangées. Le pantalon de cheval est noir et boutonné sur les côtés. Les bottes de cuir noir sont dotées d'éperons en acier. Les Hussards de la Mort sont coiffés d'un mirliton noir qui se présente comme suit : Cocarde tricolore blanche au centre puis bleue et rouge à l'extérieur, passepoilée de blanc. Plumet noir et blanc en bas, flamme de même couleur bordée de blanc portée enroulée autour du shako en campagne ou tombante en parade, pompon de flamme blanc et bonnet orné d'un cordon tressé blanc. Des inscriptions telles que " la liberté ou la mort" sont brodées sur la flamme renforçant ainsi le caractère terrifiant du corps. Beaucoup de régiments portent le plumet à gauche à partir de 1792-93 contrairement à ce qui se pratiquait depuis 1786. Les hussards de la mort portent une ceinture-écharpe de laine noire à passants blancs, mise au point par l'ordonnance de 1786, elle mesure 2,56 m et fait trois fois le tour du cavalier. Le sabre est du modèle 1786. Pour l'harnachement, la shabraque est en mouton blanc, mais Valmont donne une shabraque de mouton noir. Ce qui est étonnant car cette particularité est réservée aux trompettes. Le porte-manteau de drap noir, galonné de fils blancs côté.

L'escadron quitte Paris, le 2 septembre 1792, sous les encouragements de la foule et se rend à l'armée du centre sous les ordres de Kellermann. Réunis à l'armée du Nord de Dumouriez, les hussards de la mort assistent à la bataille de Valmy, ils s'emparent de Longwy puis de Verdun le 1er octobre. Le 5 décembre, ils prennent Sarrebourg et le 13, Pilligen. Ils sont à Wavren et Hanm mais échouent devant Trèves. Durant l'hiver 1792/93, alors que les effectifs sont gravement amoindris, l'escadron prend ses quartiers d'hiver à Sarrelouis. Conscients de ne plus être en mesure de combattre de par leur faible nombre, les hussards de la mort envoient une pétition, à la Convention où ils demandent à être réunis à un régiment de chasseurs à cheval. En 1793, les hussards de la mort prennent leurs quartiers à Thionville, Toul et Phalsbourg, où ils reçoivent l'ordre, le 13 mars, de se rendre à Fontainebleau pour être amalgamé, suivant le décret du 5 mars et leur vœu, au 13e régiment de chasseurs[1]. Lors de leur voyage, le capitaine Bonnet est emprisonné à Nancy pour incompétence, le 11 avril. Le 25, les hussards de la mort arrivent à Fontainebleau où ils sont passés en revue par Chateauneuf Random avant d'être supprimés. C'est au même moment qu'éclatent les premiers troubles en Vendée, auxquels les hussards de la mort ne participeront pas en tant que tels, étant dissout.

 

Jérôme Croyet

docteur en histoire

président-fondateur de la SEHRI

 

 



[1] Le décret du 4 juillet 1793 renumérote les régiments de chasseurs et les hussards de la mort prennent le numéro 14, le numéro 13 étant déjà pourvu.

Par SEHRI-1789-1815 - Publié dans : L'Histoire militaire
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