Partager l'article ! les prisonniers de guerre ennemis dans l'Ain: Les prisonniers de guerre ennemis dans un département rural fr ...
Blog de la Société d'Etudes Historiques Révolutionnaire et Impériales
association loi 1901
Les prisonniers de guerre ennemis dans un département rural français : le cas de l'Ain
par Jérôme Croyet
docteur en histoire, collaborateur au Magazine Napoléon 1er & à la revue Soldats Napoléoniens
président-fondateur de la SEHRI
A partir de la fin du Directoire, l’Ain devient un lieu de détention pour les prisonniers de guerre ennemis : en 1799, il s’agit de polonais et entre 1806 et 1809 d’autrichiens.
Face au nombre accru de prisonniers de guerre ennemis, le 15 juin 1809, le préfet de l’Ain demande aux maires et aux sous-préfets du département leurs besoins en main d’œuvre afin d’établir une répartition des prisonniers autrichiens, que lui envoi le gouvernement, destinés à être employés aux travaux agricoles et aux manufactures du département. Dès le 23 juin, le préfet est averti de l’arrivée successive de 500 prisonniers autrichiens en provenance du dépôt de Mirecourt. Les convois arrivent les 2, 5, 8, 11 et 14 juillet à Bourg. Dès leur arrivée, les prisonniers sont placés chez les cultivateurs qui ont demandés puis d’office dans les plus grosses exploitations. Toutefois cette répartition est drastique : pas plus d’un prisonnier qui ne reste qu’un mois.
Afin de surveiller de près les prisonniers de guerre placés dans le département, dès le 9 août 1799, de très strictes directives sont données au préfet quitte à « punir très sévèrement tous les prisonniers qui chercheraient à…troubler…l’ordre public…et qui manqueraient au respect qu’ils doivent aux personnes et aux propriétés ». En raison de cela, en septembre 1813, le préfet ouvre une enquête sur le prisonnier de guerre Johan Scherotis, accusé, le 10 par Barmont de Miribel, « de viol sur la fille du plaignant âgée de cinq ans ». Malgré une enquête diligentée auprès de la gendarmerie, le maire de Miribel, bien qu’il fasse arrêter l’autrichien, reconnaît, le 19, « que le malheureux accusé est ici publiquement tenu pour victime d’une calomnie dictée par l’intérêt ».